Pour que l’environnement ne fasse pas les frais de nos achats

Le commerce de produits alimentaires est étroitement lié à notre quotidien. En effet, l’alimentation est responsable de plus de 25 % des atteintes à l’environnement causées en Suisse. La notation environnementale réalisée par le WWF analyse l’engagement écologique des principaux acteurs du secteur.

Par Yvonne von Hunnius

Dans quels magasins les consommateurs peuvent-ils faire leurs courses sans craindre de nuire de façon excessive à l’environnement ? L’organisation de protection de l’environnement WWF a mené l’enquête et publié un classement en décembre 2015. Elle a passé au crible les actions des grossistes et détaillants alimentaires en faveur de l’environnement. Pour cela, les treize principaux acteurs suisses du secteur ont répondu à plus de 70 questions portant sur leur assortiment, leur management et leur engagement social. Les résultats seront utiles aux consommateurs mais également aux entreprises. Jennifer Zimmermann, coauteur de l’étude et membre du WWF : « Nous mettons en évidence les projets visionnaires et les lacunes, autant d’éléments directement exploitables par les entreprises. »

La transparence pousse à l’action
Encore un classement, diront certains. Jürg Buchli, directeur du centre pour le développement durable et l’énergie de la Haute école des sciences appliquées de Zurich (ZHAW) comprend cette lassitude à l’égard des notations. Mais il poursuit : « Les entreprises doivent accepter d’être évaluées sur les objectifs qu’elles se fixent. Il n’y a pas d’autre solution que d’y regarder de plus près pour éviter qu’elles se reposent sur leurs lauriers, recourent à l’éco-blanchiment ou passent la question sous silence. »  

Magasin Migros (Image Migros)

Les géants suisses du commerce de détail, Coop et Migros, semblent pour leur part prendre la question très au sérieux. Ils dominent d’ailleurs régulièrement les classements internationaux dans ce domaine. Sans grande surprise, ils arrivent donc en tête de la notation environnementale du WWF, dans la catégorie des pionniers. Ils n’ont pas de concurrents parmi les suiveurs, ceux-ci n’apparaissant que dans la moyenne supérieure. Comment expliquer cette large avance des deux géants ? Jennifer Zimmermann explique : « Ils abordent les questions écologiques de façon rationnelle et systématique, fondent leurs actions sur l’analyse des principaux impacts environnementaux de leur activité et communiquent régulièrement sur la réalisation de leurs objectifs. » Et tout cela a des répercussions dans les domaines les plus divers.

Migros favorable à des solutions sectorielles
Migros, par exemple, publie un bilan de ses actions deux fois par an. L’efficacité des ressources ne serait pas le seul moteur de son engagement, d’après Cornelia Diethelm, responsable du développement durable pour l’entreprise. Les statuts même de Migros placeraient l’intérêt général au-dessus des intérêts du détaillant. « Mais nous pouvons et nous voulons encore nous améliorer », déclare Cornelia Diethelm. Comme sur la question de l’impact environnemental des investissements de la Caisse de pension Migros, l’une des rares lacunes révélées par la notation du WWF.

Camion éléectrique de Coop (Image Coop)

Pour Cornelia Diethelm, l’engagement des deux concurrents Migros et Coop en faveur du développement durable fait progresser la Suisse. Mais le marché est composé d’un grand nombre d’acteurs. « Parfois, j’en viens à souhaiter que nous ayons davantage de compétiteurs pour qu’il existe plus de solutions sectorielles allant dans ce sens », précise-t-elle. Ces dernières font également partie des recommandations du WWF : Jennifer Zimmermann expose dans un autre entretien les opportunités que peuvent générer des approches sectorielles.

Un engagement dans la mesure du possible
Adrian Wyss, directeur de l’association faîtière du commerce de détail Swiss Retail Federation, souligne les efforts importants réalisés par les commerçants de moindre taille selon leurs possibilités. Les ressources limitées dont ceux-ci disposent les pénaliseraient cependant par rapport aux géants du secteur. « C’est le cas notamment pour la participation à ce type de notation, mais aussi pour la publicité faite autour de l’engagement écologique », affirme-t-il. Ainsi, les chaînes Volg et Pam n’ont pas répondu au questionnaire du WWF. La responsable de la communication chez Volg, Tamara Scheibli, s’explique : « Compte tenu de nos ressources en personnel et en temps, répondre à un questionnaire aussi exhaustif dans les délais impartis représente une charge bien trop lourde pour une petite entreprise comme la nôtre. » Cette dernière accorderait néanmoins une attention toute particulière au thème du développement durable.  

Un secteur en mouvement
Selon le WWF, le secteur dans son ensemble a encore beaucoup de progrès à faire sur la voie de l’éco-compatibilité. Mais la dynamique est en marche : d’après l’étude, presque toutes les entreprises ont intégré des stratégies de développement durable dans leur management. Nombre d’entre elles investissent déjà dans le domaine de l’énergie et de la réduction des émissions de CO2.

Lidl Suisse reflète bien les avancées actuelles. Alors que l’étude pointait son manque d’objectifs en matière d’émissions de CO2, ceux-ci étaient déjà en cours d’élaboration : début décembre, l’entreprise a présenté un système complet de gestion des émissions de CO2 assorti d’objectifs clairs. Dès 2016, elle sera officiellement neutre en carbone. Pour Nico Frey, responsable du développement durable chez Lidl Suisse, cela s’accorde parfaitement à la démarche de l’entreprise : « Notre modèle commercial se fonde sur la maximisation de l’efficacité, et ces mesures nous permettent de concilier économies et responsabilité écologique. » Le WWF prévoit de renouveler régulièrement sa notation environnementale afin de suivre
les progrès réalisés par les différentes entreprises en Suisse.  

Magasin Lidl (Image Lidl)

Résultats de la notation environnementale 2015

L’étude (en allemand) a été publiée pour la première fois en 2015 par WWF en coopération avec l’agence de notation Inrate et mesure l’engagement des treize principaux acteurs suisses du commerce de gros et de détail dans le secteur alimentaire.

Pionniers
Coop, Migros

Suiveurs
aucune entreprise

Dans la moyenne supérieure
Aldi Suisse, Denner, Lidl Suisse, Manor, Pistor, Saviva, Transgourmet Suisse

Dans la moyenne inférieure
Globus, Spar

Opaques
Pam, Volg

Commentaires

07.01.2016
Commentaire de Dominique Barro, Männedorf

Interessant wäre eine länderübergreifende Studie. wie stehts es mit deutschen/französischen/italienischen Supermarktketten? Was sind dort die Nachhaltigkeits-Treiber?

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Dernière modification 26.02.2016

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